L’Académie française est le théâtre de drames répétés. Un à un les candidats à la succession de Mgr d’Abbeville s’écroulent, morts, en prononçant leur discours de réception. Les Immortels ne le sont plus ! Ils restent trente-neuf. Un refoulé de l’Académie aurait-il le pouvoir de leur jeter un mauvais sort ? Hippolyte Patard, et Monsieur Gaspard Lalouette, marchand d’antiquités, mènent l’enquête…
Près de 250 fables, du Chaos des origines à l’ascension de César métamorphosé en étoile, composent le long poème d’Ovide. Les transformations d’hommes en objets, en bêtes ou en forces de la nature font l’objet d’un récit exalté et terrible.
« Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? »
Monologue de Don Diègue.
> Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)
« Par une sombre nuit d’automne, le vieux banquier allait et venait dans son cabinet, se souvenant que quinze années auparavant, il avait donné une soirée à laquelle assistaient beaucoup de gens d’esprit […]. On y avait notamment parlé de la peine de mort, à laquelle les invités étaient presque tous hostiles. Ils trouvaient ce mode de châtiment vieilli, inconvenant en pays chrétien, et immoral ; il aurait dû, à l’avis de plusieurs, être remplacé par la réclusion à perpétuité. »
« — Mon bon monsieur, ayez la bonté d’accorder votre attention à un malheureux affamé. Trois jours que je n’ai pas mangé… pas un sou pour l’asile de nuit… j’en atteste Dieu!… J’ai été huit ans instituteur rural et ai perdu mon poste par suite des intrigues du zemstvo. J’ai été la victime d’une dénonciation… Un an déjà que je suis sans place ! »
Machiavel donne ici ses conseils au Prince de Florence afin qu’il puisse mieux maîtriser la fortune, c’est-à-dire les hasards plus ou moins favorables de la vie.
« Il m’est arrivé aujourd’hui une aventure étrange. Je me suis levé assez tard, et quand Mavra m’a apporté mes bottes cirées, je lui ai demandé l’heure. Quand elle m’a dit qu’il était dix heures bien sonnées, je me suis dépêché de m’habiller. J’avoue que je ne serais jamais allé au ministère, si j’avais su d’avance quelle mine revêche ferait notre chef de section. […] Le vilain oiseau ! Il est sûrement jaloux de moi, parce que je travaille dans le cabinet du directeur et que je taille les plumes de Son Excellence… »
Le Journal d’un fou.
> Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)
« Maitre Chicot, l’aubergiste d’Éperville, arrêta son tilbury devant la ferme de la mère Magloire. C’était un grand gaillard de quarante ans, rouge et ventru, et qui passait pour malicieux. Il attacha son cheval au poteau de la barrière, puis il pénétra dans la cour. Il possédait un bien attenant aux terres de la vieille, qu’il convoitait depuis bien longtemps. Vingt fois il avait essayé de les acheter, mais la mère Magloire s’y refusait avec obstination. “J’y sieus née, j’y mourrai”, disait-elle. »
« — Trognon, je vais bien t’épater. Oui, je vais t’en boucher une surface. Sais-tu qui est-ce qui m’a fait un cadeau ? La concierge.
— Peste ! tu as de belles relations ! Tu ne m’avais jamais dit ça !
— Ne me taquine pas la concierge, Trognon ; c’est une femme tout ce qu’il y a de bath ; à preuve qu’elle m’a donné… devine quoi ? un gora ! »
« Midi, par une belle journée d’hiver. Il gèle à pierre fendre et les bouclettes de Nadienka, qui marche pendue à mon bras, se couvrent de givre argenté sur ses tempes tandis qu’un fin duvet ourle sa lèvre supérieure. Nous sommes sur le haut d’une colline. Depuis nos pieds jusqu’en bas, elle descend en pente douce, où le soleil se reflète comme dans un miroir. […] »
« Le Cordonnier en vieux » est un récit extrait des Histoires et souvenirs de Madame de Matigny, publiés à Paris en 1876. L’auteur le dédie à son filleul Régis de T*** qui lui réclamait des histoires “vraies”.
Histoire du petit Jacques, fils d’un porteur d’eau de la capitale.
Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l’armée des Indes, a disparu voilà longtemps, reçoit par la poste le présent d’une perle. Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l’y accompagner… Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui se soient offertes à la sagacité du détective. L’Inde des maharajahs, le fort d’Agra cerné par la rébellion des Cipayes, le bagne des îles Andaman sont les décors de l’extraordinaire aventure qu’il va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans les brouillards de la Tamise…
« Monts d’Aragon, Galice, Estramadoure !
- Oh ! Je porte malheur à tout ce qui m’entoure !
J’ai pris vos meilleurs fils, pour mes droits, sans remords,
Je les ai fait combattre et voilà qu’ils sont morts ! »
Monologue d’Hernani.
> Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)
« Il était une fois une reine qui accoucha d’un fils, si laid et si mal fait, qu’on douta longtemps s’il avait forme humaine. Une fée qui se trouva à sa naissance assura qu’il ne laisserait pas d’être aimable, parce qu’il aurait beaucoup d’esprit; elle ajouta même qu’il pourrait, en vertu du don qu’elle venait de lui faire, donner autant d’esprit qu’il en aurait à celle qu’il aimerait le mieux. »
Riquet à la houppe.
> Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)
« Mme Amandon était un type de cette race rare, mais charmante. Jamais on ne l’avait suspectée, jamais on n’aurait pensé que sa vie n’était pas limpide comme son regard, un regard marron, transparent et chaud, mais si honnête - vas-y voir ! Donc, elle avait un truc admirable, d’une invention géniale, d’une ingéniosité merveilleuse et d’une incroyable simplicité. Elle cueillait tous ses amants dans l’armée, et les gardait trois ans, le temps de leur séjour dans la garnison. - Voilà. - Elle n’avait pas d’amour, elle avait des sens. »
« Tout est fini pour moi sur la terre. On ne peut plus m’y faire ni bien ni mal. Il ne me reste plus rien à espérer ni à craindre en ce monde et m’y voilà tranquille au fond de l’abîme, pauvre mortel infortuné, mais impassible comme Dieu même. »
Première promenade.
> Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)
« ― Vous a-t-on assez fait la cour, ce soir ?
Elle le considéra dans les yeux, le regard allumé d’une flamme de triomphe et de défi, et répondit :
― Je l’espère bien !
Puis elle s’assit à sa place. Il se mit en face d’elle et reprit en cassant une brioche. […] »
Lorsque vous aurez écouté mon histoire, vous ne direz plus : bête comme un âne, ignorant comme un âne, têtu comme un âne… Mais : plein d’esprit comme un âne, savant comme un âne, docile (presque !) comme un âne…
« Le mot “individualisme” peut désigner soit une doctrine sociale, soit une forme de sensibilité. C’est dans le premier sens qu’il est pris par les économistes et les politiques. L’individualisme économique est la doctrine bien connue du non-interventionnisme, du “Laisser-faire, laisser-passer”. L’individualisme politique est la doctrine qui réduit l’État à la seule fonction de défense à l’extérieur et de sécurité à l’intérieur. »
La sensibilité individualiste.
> Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)
Le Rouge et le Noir est un roman de Stendhal publié en 1830. L’action se passe sous la Restauration, à Verrières, une petite ville du Jura. Julien Sorel a dix-neuf ans. C’est un jeune homme d’origine modeste mais ambitieux, fasciné par Napoléon, qui rêve de gloire et aime à s’évader dans la littérature. Alors que le maire de la ville, M. de Rênal, l’engage en tant que précepteur de ses enfants, le voilà qui tombe sous le charme de Mme de Rênal…
Le philosophe et écrivain anglais John Stuart Mill rend ici hommage à son père, qui l’a très tôt encouragé dans son développement intellectuel et humain. Un texte rafraîchissant de l’auteur de Sur la liberté.
Un modèle d’éducation.
> Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)
« […] Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé, qui emploie toute son industrie à me tromper toujours. Il n’y a donc point de doute que je suis, s’il me trompe ; et qu’il me trompe tant qu’il voudra il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai être quelque chose. De sorte qu’après y avoir bien pensé, et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j’existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit. »
Extrait du recueil Les oiseaux de neige : Cent et un sonnets (1876).
« Je possède un bouquet de pauvres fleurs fanées,
Que je garde, jaloux, comme on garde un trésor;
Car dans ce cher débris je crois trouver encor
Le parfum de la main qui me les a données. »
Extrait du recueil Épitres, Satires, Chansons, Épigrammes et autres Pièces de Vers (1830).
« Tu perds l’esprit, ou plutôt la raison,
Ou je n’ai rien compris à ta harangue :
Y penses-tu, mon compère Simon,
De comparer le coeur avec la langue ? »
Un texte où Jean-Jacques Rousseau se montre ardent défenseur des femmes.
« Je le répète toutes proportions gardées les femmes auraient pu donner de plus grands exemples de grandeur d’âme et d’amour de la vertu et en plus grand nombre que les hommes n’ont jamais fait si notre injustice ne leur eut ravi avec leur liberté toutes les occasions de les manifester aux yeux du monde. »
Gustave Flaubert : « Imaginez que, dans chaque commune, il y ait un bourgeois, un seul, ayant lu Bastiat, et que ce bourgeois-là soit respecté : les choses changeraient » (Lettre à George Sand, octobre 1871).
Pétition des marchands de chandelle.
> Télécharger le mp3 (Clic-droit, “Enregistrer sous…”)